Les serres tropicales du Grand Blottereau une page de l'histoire de Nantes














Menu plantes tropicales
1741 Louis Christophe Juchault vendit son domaine « tombé en désuétude » à un négrier nantais Gabriel Michel qui allait devenir directeur de la Compagnie des Indes. Le vieux château devenu inhabitable, Gabriel Michel fit appel à un architecte. Il n'est pas impossible que celui-ci s'appelait Ceineray, et fit construire une « folie » blanche dans le pur style parisien.
1762 Ses affaires l'appelant à Paris, Gabriel Michel en 1762 vend sa propriété toute meublée à Guillaume de Seigne, un négociant du quai de la fosse originaire de Suisse. Seigne fit détruire les ruines médiévales.
1789 Les Seignes meurent sans enfant et en cette période révolutionnaire leurs héritiers ne parviennent pas à s'entendre sur la succession.
1823 Louis Georges Law de Lauriston, frère du Maréchal, arrive de Besançon pour diriger les douanes. Il fit rapidement fortune et offre à sa femme ce magnifique château et ses 37 hectares et demi de parc. Madame de Lauriston mit en valeur son domaine et organisa de nombreuses fêtes. Malheureusement devenue veuve avec ses huit enfants, dont certains en bas âge, elle devra vendre.
1895

C'est un autre nantais d'adoption Thomas II Dobrée qui se porte acquéreur …( Le grand- père de Thomas avait armé pour la traite ; après l'abolition de l'esclavage, son fils s'orienta vers la pêche à la baleine. C'est lui qui apporta à Nantes les premières mandarines de Chine. )
Très riche et sans enfant Thomas II Dobrée, au soir de sa vie, fit de son ami Durand-Gasselin son légataire universel le chargeant de distribuer à sa mort, tous ses biens. Thomas II Dobrée décède en 1895. De cette lourde responsabilité Hypolite Durand-Gasselin s'acquitta avec beaucoup de conscience et d'intelligence en s'appliquant toujours à respecter la mémoire du philanthrope Thomas II Dobrée (Anne Claire Déré p.37).

1898

Un rapport d'étude de A . Milhe-Poutingon (1) est terminé et adressé au ministère des Colonies, à Paris. Revenu d'une mission exploratoire à l'institut botanique de Kew, en Angleterre, il met en évidence le besoin de créer un centre français analogue, comme source d'informations et d'aide à la direction des établissements botaniques des colonies. Pour lui, il s'agit « d'une des premières nécessités de la colonisation agricole et un des premiers soucis de ceux qui comprennent son rôle capital dans la mise en valeur de notre domaine d'outre mer …..Pour créer une exploitation, il faut mettre à la portée des colons, des renseignements et des conseils expérimentés ».
Ceci rejoint les propositions de J . Dubowski, une année plutôt , sur la création de «  jardins d' essais coloniaux qui deviendraient  comme les laboratoires où seraient étudiés les plants de grande culture pouvant fournir au colon un produit industriel » . A cette époque, il existe déjà le muséum de Paris, l'institut colonial de Marseille ou la villa Thuret d'Antibes, mais ces auteurs les considèrent insuffisants pour satisfaire aux demandes sans cesse croissantes. L'Angleterre fait référence et après la période récente de conquête et d'occupation militaire, il convient de rattraper le retard en matière de « colonisation agricole ».
Cette même année 1898, en réponse à ces appels, un riche négociateur nantais, Hippolyte Durand-Gasselin, informe le préfet de la Loire Inférieure, de la mise à disposition d'un domaine à l'Est de Nantes : le Grand Blottereau, et de l'allocation d'une somme de 1 300 000 frs pour une école d'horticulture et pour construire des serres destinées aux cultures coloniales. La Ville de Nantes et le Département adhérent rapidement à ce projet et considèrent que cette institution pourra former, à la vie coloniale, les jeunes gens de plus en plus nombreux et favoriser le développement commercial à un moment où les relations avec les colonies sont beaucoup moins favorables.

1902

La section d'agronomie coloniale est donc crée en 1902 au sein de l'école supérieure de commerce. Le domaine comprend un champ d'expérience de plein air, une serre tempérée et une serre chaude auquelle viendra s'adjoindre un musée dans la superbe folie du XVIIIème siècle. Les premiers approvisionnement viennent de Paris, de chez Hédiard pour les mangues ou de chez Godefroy Leboeuf pour les autres plants exotiques.
Au début de la 1 ère guerre mondiale, la chaire d'enseignement colonial est déplacée à l'école de commerce avant de péricliter en 1917 ; les collections du musée (grains, bois précieux ….) sont repositionnées au muséum d'histoire naturelle où il est toujours possible de les observer.

1923 Une école d'horticulture est créée au Jardin de plantes recentrée sur des besoins régionaux en horticulture et paysage
1927 Le Fleuriste municipal est transféré du Jardin des Plantes au parc du Grand Blottereau
1957 L'école d'horticulture du Jardin des plantes est transférée au parc du Grand Blottereau.
1969 La municipalité de Nantes prend le relais de la Chambre de Commerce avec son service des plantations, pour l'administration des serres et les renomme « serres d'agronomie tropicale ».
1996 Les serres doivent être interdites à la visite, l'armature, en pitchpin, vacille. La sécurité n'est plus assurée. La Ville décide, alors, la rénovation et l'agrandissement de l'établissement avec la création d'une chapelle supplémentaire de 250 m2.
2002

Début des travaux, la rénovation est totale et le budget consacré est de 740 000 Euros.
Les bois précieux, fruitiers, plants à latex, épices ou textiles retrouvent leurs places. Certains spécimens centenaires tels des vieux baobabs, ébènes ou tecks conduits en Bonzaïs vont retrouver de meilleures conditions de développement. Dans le jardin extérieur bien protégé par ses vieux murs en demi cercle prospèrent des frileuses inhabituelles telles le camphrier ou le caprier.
Le potager tropical continue lui à accueillir chaque été courges, sorgho, manioc, canne à sucre et bien d'autres espèces vivrières à découvrir.
Ce jardin unique permet de familiariser les visiteurs avec des plantes plus connues par leurs usages et dans les assiettes que par leur aspect naturel

(1) in : «  rapport sur une mission aux jardins royaux de Kew «  de A. Milhe Poutingon, Directeur de la revue des cultures coloniales.

Nb : en 1969, la ville reprend les serres d'agronomie tropicale et intègre les 2 jardiniers chargés d'entretenir les collections ; à cette date il restait encore 4 apprentis qui suivent les cours dispensés par la Chambre de Commerce….

  Menu plantes tropicales
La collection de plantes